Genèse des crues de l’Aulne

Le bassin versant de l’Aulne, c’est-à-dire le territoire sur lequel toute goutte d’eau tombée finira un jour ou l’autre dans l’Aulne et ses affluents, peut être modélisé par une cuvette. Cette cuvette est bordée par les reliefs du massif armoricain qui culminent au-dessus de 300m avec, les Monts d’Arrée au Nord, et les Montagnes Noires au Sud. Elle débouche ensuite à l’Ouest dans la rade de Brest. L’Aulne et ses affluents s’écoulent ainsi depuis les hauteurs du bassin jusqu’à son exutoire à Landévennec.

Lors de précipitations abondantes provoquées par les perturbations océaniques successives, l’eau s’écoule depuis les Monts d’Arrée et les Montagnes Noires et contribue à grossir les cours d’eau. Du fait du contexte géologique Breton, les sols sont en majorité peu perméables et les cours d’eau du bassin réagissent ainsi assez rapidement. La crue se propage alors de l’amont vers l’aval entrainant des inondations sur de nombreuses communes riveraines de l’Aulne et de ses affluents. Si les communes en aval du bassin sont les dernières touchées par les inondations, entre 24 et 48h après le début de la pluie, elles n’en restent pas moins les plus impactées.

Présentation cartographique du relief du bassin versant de l'Aulne

Caractéristiques et historique des crues sur le bassin de l’Aulne

Les crues sont caractérisées par différents éléments :

  • Le temps de propagation (t): c’est le temps moyen entre le début des précipitations et le pic de crue observé en un point.
  • Le débit de pointe (Q): c’est le débit maximum atteint par la rivière lors de la crue
  • La période de retour (T) : il s’agit de la probabilité de la crue de survenir dans l’année. Par exemple, lorsque l’on parle d’une crue de période de retour de 20 ans, cela veut dire que cette crue, avec ses caractéristiques propres (débit de pointe, volume, temps de propagation), a un risque sur 20 de se reproduire chaque année. Plus la période de retour est importante, plus la crue est rare et intense
  • Les hauteurs d’eau: ce sont les côtes atteintes par la rivière.

Depuis, 1974, les grandes crues de l’Aulne ont été analysées et étudiées. Les débits de pointe (Q, m3/s) sont mesurés au niveau de différents points du bassin versant au plus fort des crues. Le tableau ci-dessous recense les plus importantes crues enregistrées au niveau de Châteaulin.

Crue Débit maximal (Chateaulin) Période de retour
février 1974 405 m3/s 10-20 ans
février 1990 365 m3/s 10 ans
décembre 1994 435 m3/s 10-20 ans
janvier 1995 525 m3/s 20-50 ans
décembre 2000 600 m3/s 65 ans
janvier 2001 340 m3/s 10 ans
décembre 2013 390 m3/s 10-20 ans

 

La crue de 2000, avec un débit de pointe de 600 m3/s à Châteaulin, est la plus importante mesurée depuis 1974. Sa période de retour est comprise entre 50 et 100 ans. Cette valeur doit être comparée au débit en période de sécheresse qui est déjà descendu à 0,5 m3/s (du 18 au 21 aout 1996) soit 1000 fois plus faible !

Pour en savoir plus sur l’historique des débits de l’Aulne, toutes les données mesurées depuis 1974 sur le bassin versant sont accessibles sur le site de la banque Hydro.

La majorité des enjeux vulnérables aux inondations (habitations, entreprises, infrastructures publiques et réseaux) sont localisés sur la partie aval du bassin versant, sur les rives de l’Aulne canalisée. Les débordements touchent régulièrement de nombreuses communes, dont en particulier: Châteaulin et Port-Launay, Châteauneuf-du-Faou, Pleyben et Gouézec (Pont-Coblant).

Lors de la crue de décembre 2000, les hauteurs d’eau ont dépassé de 2,50 m leur niveau normal dans certains secteurs. Les images d’archive disponibles ci-dessous témoignent de l’ampleur des dommages.

Le risque de submersion marine

On appelle “submersion marine”  une inondation temporaire de la zone côtière par la mer.

Les communes littorales peuvent être concernées par le risque de submersion marine, en particulier au niveau des points bas.